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About the French-English Poetry Festival 2009 by Gabriel Marian


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Trilingual debates : the Activities of the Franco-British Festival of Poetry

In the dialogue between two major cultures, therefore between two dominant languages of the planet, the Franco-British Festival of Poetry found the bilingual ground to support originality, especially since the translations between the two languages are often conducted by the writers themselves. Thus, they have direct access to those features of translation that ensure its major status in any considered culture. This is because translation does not mean remake, transliteration or "bringing through" a linguistic frontier of a literary work only, but - in actual fact - it implies re-writing, re-creating the works onto another background, in a different atmosphere. The result of a translation is an avatar, in the Sanskrit meaning, a new embodiment into another existence, in a new world, in, perhaps, a different historic time - as cultural histories don't always converge or evolve simultaneously.

At this level only, the Festival might get lost among many other cultural initiatives alike, but what turns it into a fascinating experiment is the dialogue with the image, a dialogue between writers and visual artists. Jacques Rancourt, editor of the journal La Traductière, publisher of the Franco-British Association for Poetry, has made a habit out of inviting many artists to brainstorm with the writers on the associated subjects of every issue. As he himself has indicated, the intention of this approach is not to illustrate a series of texts, but to participate in a cultural debate. And this idea helps adopting a radically different perspective on the artistic image as a translation into another language, an otherwise international and primordial language, the essential language that precedes all others. This is a truth that religions and churches (especially in the West) have always known, systematically investing huge funds in the "translation" of sacred texts by generations of artists, not so much for the use of the illiterate, or not exclusively for them, but especially for those whose souls respond strongly to images rather than to barren words. From this point of view, the refusal of the Protestants to provide a visual translation of the Bible, a translation into a language understood by the most, becomes somewhat paradoxical.

Although, of course, there intervene such criteria as accuracy and respect for the original, constraints incompatible with the free translation set by visual languages. With the poetic text, however, the freedom of translation becomes the main criterion of value, obviously failing the mot-à-mot approach. So the visual arts proceed on this adventure with an advantage, they explore literary works without being paralyzed by linguistic respect for the letter and therefore manage to accurately restore the very spirit of the text. Here's how the Franco-British Festival of Poetry comes to actually recommend a trilingual perspective on the issues they explore: otherness, modernity, mirrors / borders, traces / oblivion, and many others. These guarantee the Festival's unique position in the European culture today.

Gabriel Marian


Débats trilingues : l'activité du Festival franco-britannique de poésie

Dans le dialogue entre deux cultures majeures, et entre deux langues qui dominent le paysage linguistique de la planète, le Festival de poésie franco-britannique s'est trouvé une niche bilingue qui fait son originalité, d'autant plus que les traductions entre les deux langues se font la plupart des fois réciproquement, par les écrivains eux-mêmes. Ils ont ainsi accès direct à l'une des essences de la traduction, à ce qui fonde son importance majeure dans toute culture. Car la traduction littéraire n'est pas seulement une version, une translation, une façon d'importer l'œuvre littéraire « à travers » la frontière linguistique, mais c'est pratiquement la récriture, la re-création de l'œuvre dans un autre milieu, dans une autre atmosphère. C'est un avatar, dans le sens du sanskrit, la réincarnation dans une autre existence, dans un monde nouveau, à une époque peut-être différente - puisque les histoires culturelles ne se superposent pas, elles ne sont pas totalement synchrones. S'il restait à ce niveau, le Festival se perdrait peut-être parmi d'innombrables autres initiatives culturelles semblables, mais ce qui le transforme en expérience fascinante c'est le dialogue avec l'image, le dialogue des écrivains avec les artistes. Jacques Rancourt, le directeur de la revue La Traductière, qui publie les écrits de l'Association franco-britannique de poésie, s'est fait une habitude à inviter de nombreux artistes visuels à réfléchir, à côté des écrivains associés, sur les thèmes proposés dans chaque numéro. Comme il le précise lui-même, il ne s'agit pas d'illustrer une série de textes, mais de participer à un débat culturel. Et cette idée nous aide à adopter une perspective radicalement différente sur l'image artistique en tant que traduction dans une nouvelle langue, une langue d'ailleurs internationale, mais aussi primordiale, LA langue primordiale qui précède toutes les autres. C'est une vérité que les religions et Eglises (surtout occidentales) ont toujours connue, et elles ont systématiquement investi des sommes considérables dans la « traduction » des textes sacrés par des générations d'artistes, non pas tant à l'usage des analphabètes, ou pas seulement pour eux, que surtout pour ceux dont l'âme résonne plus intensément à l'image qu'aux paroles arides. De ce point de vue on peut trouver paradoxal le refus des protestants à offrir aussi une traduction visuelle de la Bible, une traduction dans la langue que tout le monde comprend. Mais, bien sûr, d'autres critères interviennent dans ce cas, comme la fidélité ou le respect pour l'original, des contraintes incompatibles avec la liberté assumée par le langage visuel. Dans le cas du texte poétique, la liberté de la traduction est cependant le principal critère de valeur, une approche mot à mot étant dès le début ratée. C'est pourquoi les arts visuels partent avec une longueur d'avance dans cette aventure, ils explorent l'œuvre littéraire sans être paralysés par le respect linguistique pour la lettre, et parviennent ainsi à transposer beaucoup plus fidèlement l'esprit du texte. En fin de compte on comprend que le Festival franco-britannique de poésie propose en réalité une perspective trilingue sur les thèmes et autres débats qu'il explore : l'altérité, la modernité, miroirs/frontières, traces/oubli, et tant d'autres. Ce qui lui assure une position unique dans la culture européenne actuelle.

Gabriel Marian


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